ComeUp (ex-5euros.com) : avis honnête d'un freelance qui a testé pendant 3 ans
Bon. Parlons-en, de ce fameux 5euros.com. La plateforme qui promettait de vendre tes services à prix cassé, qui a changé de nom pour devenir ComeUp en 2021, et qui continue de faire parler d'elle dans tous les groupes Facebook de freelances francophones.
J'y suis inscrit depuis 2021. J'ai testé, galéré, gagné des sous, perdu mon temps, et finalement trouvé une méthode qui fonctionne. Voici mon retour complet, sans langue de bois.
Ce que je vais te dire :- Est-ce que ComeUp vaut vraiment le coup pour un freelance en 2024 ?
- Combien tu vas réellement gagner (spoiler : moins que ce que tu crois)
- Les frais cachés qui bouffent ta marge
- Les catégories où il y a encore de la place
- Mon avis sur l'application, l'inscription, et la concurrence avec Malt ou Fiverr
Points clés à retenir
- ComeUp prélève une commission de 20% sur chaque vente, plus des frais de retrait
- Le nom 5euros.com a changé pour ComeUp en 2021, mais la plateforme reste 100% française
- La majorité des ventes se font entre 20 et 100 euros, pas à 5 euros
- L'option ComeUp Plus (abonnement payant) est quasi indispensable pour décoller
- L'Afrique représente un marché en forte croissance pour la plateforme
Combien ComeUp te prend vraiment sur chaque vente
Franchement, quand je me suis inscrit, je pensais que c'était simple : tu vends, tu touches. La réalité est un peu plus... disons, nuancée.
La commission de base est de 20% sur chaque transaction. Tu vends une prestation à 50 euros ? ComeUp en garde 10. C'est dans la moyenne du marché, Fiverr prend 20% aussi, mais c'est un vrai morceau de ta marge qui s'envole direct.
Et là, surprise. Il y a les frais de retrait. Selon la méthode choisie, tu peux perdre encore 1 à 3% de ton gain. Sur les petites sommes, ça pique. Quand tu commences et que tu vends des services à 10-20 euros, tu te rends compte que ta rémunération horaire frôle parfois le SMIC, même en bossant vite.
L'autre truc que j'ai découvert à mes dépens : l'abonnement ComeUp Plus. Environ 15 euros par mois si je me souviens bien, et il te donne des avantages non négligeables : des frais réduits sur les ventes, une meilleure visibilité, et la possibilité de mettre plus de services en ligne. Franchement, sans lui, tu es noyé dans la masse. Avec, tu as une chance de te faire remarquer. C'est un peu du pay-to-win, mais c'est comme ça que ça marche.
Inscription sur ComeUp : simple, mais ne te réjouis pas trop vite
L'inscription, c'est la partie facile. Tu crées un compte en deux minutes, tu remplis ton profil, tu mets une photo, tu décris tes services. L'interface est en français, c'est clair, c'est agréable. Rien à voir avec Fiverr où tout est en anglais.
Le vrai problème, c'est la modération. J'ai vu passer des dizaines de témoignages de gens dont les services ont été refusés sans explication claire. Moi-même, ma première offre de rédaction SEO a été rejetée trois fois avant d'être acceptée, sans que je comprenne pourquoi.
Et puis, il y a la question de la vérification d'identité. Depuis quelques années, ComeUp demande des justificatifs pour valider les comptes. C'est une bonne chose pour la sécurité, mais ça peut prendre plusieurs jours, et en attendant, tu ne peux pas vendre.
Quels services vendre sur ComeUp (et lesquels éviter)
J'ai passé des heures à analyser les premières pages de la plateforme, à regarder les avis, les notes, les ventes des concurrents. Voici ce que j'ai constaté, et ça vaut de l'or :
Les catégories saturées, à éviter si tu débutes :- Logo design : des milliers d'offres, la plupart à 10-20 euros. Pour percer, il faut être très bon ou très rapide.
- Rédaction d'articles SEO : énorme concurrence, avec des prix qui ont dégringolé. Difficile de vivre dignement là-dessus.
- Traduction : saturée aussi, sauf si tu fais une langue rare.
- Les services « business » : création de business plans, études de marché, fichiers Excel avancés. Peu de monde, et les clients paient cher.
- Les services vidéo : montage basique, sous-titrage, habillage. La demande explose, l'offre suit moins vite.
- Les services liés à l'IA : génération de prompts, formation ChatGPT, automatisation avec l'IA. C'est récent, c'est en pleine expansion, et les clients sont prêts à payer.
Mon conseil : ne va pas sur ComeUp pour proposer le même service que tout le monde. Trouve un créneau spécifique, une compétence pointue, et tu seras rentable.
ComeUp et l'Afrique : une opportunité en or (avec des bémols)
C'est un sujet qui revient tout le temps dans les recherches : « 5euros.com Afrique ». Et franchement, la plateforme a fait un vrai effort pour séduire ce marché. L'interface est en français, le support répond en français, et les paiements sont adaptés aux réalités locales (mobile money notamment, si je ne me trompe pas).
J'ai échangé avec plusieurs freelances basés au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Cameroun. Pour eux, ComeUp est souvent la première porte d'entrée vers le freelance international. Les clients sont francophones, les montants sont accessibles, et la plateforme est connue.
Mais attention aux bémols : les frais de retrait peuvent être élevés selon le moyen de paiement choisi. Les délais de paiement peuvent aussi être plus longs. Et la concurrence locale commence à être rude. Mais dans l'ensemble, pour un freelance africain qui débute, ComeUp est sans doute la meilleure option francophone. Malt est trop « corporate », Fiverr trop anglophone.
Mon avis sur la rentabilité réelle de ComeUp
Alors, est-ce qu'on gagne sa vie avec ComeUp ? Franchement, pour la plupart des gens, non. J'ai mis 6 mois avant d'avoir mes premières ventes régulières, et encore, en vendant des services à 15-20 euros. Mes revenus mensuels moyens sur la plateforme : entre 300 et 500 euros, en y consacrant environ 10 heures par semaine.
Mais il y a des exceptions. Un pote à moi fait du montage vidéo et se fait 1200 euros par mois avec ComeUp, à temps partiel. Sa recette ? Il a trouvé un créneau ultra précis (vidéos de formation pour des PME), il a des avis excellents, et il répond aux demandes en moins de 2 heures.
La vraie valeur de ComeUp n'est pas dans les revenus directs. C'est dans ce que ça t'apporte :
- Des premiers clients faciles, même si tu débutes
- Des avis qui attestent de ton sérieux (utile pour ton portfolio)
- Un workflow de gestion des commandes tout fait
- Des clients qui reviennent souvent, et qui deviennent parfois des clients directs hors plateforme
ComeUp vs Malt vs Fiverr : le match
J'ai testé les trois. Voici le tableau comparatif que j'aurais aimé avoir avant de commencer :
| Critère | ComeUp (5euros) | Malt | Fiverr |
|---|---|---|---|
| Langue principale | Français | Français | Anglais |
| Commission | 20% + frais de retrait | 10-15% avec des options | 20% |
| Public | Particuliers, petites entreprises francophones | Entreprises, startups | International, anglophone |
| Ticket moyen | 20-100 euros | 500-5000 euros | 30-200 euros |
| Difficulté pour débuter | Faible | Élevée (cooptation souvent requise) | Moyenne |
| Qualité des clients | Variable | Excellente | Variable |
En clair : Malt, c'est pour ceux qui ont déjà un profil solide et visent des missions de conseil. Fiverr, c'est pour ceux qui veulent viser l'international. ComeUp, c'est le meilleur point de départ pour un francophone qui débute et qui veut apprendre le métier avec des petits contrats.
L'application ComeUp : c'est quoi le délire ?
L'application mobile, parlons-en. Elle existe, sur Android et iOS. Elle fait le job : tu reçois des notifications quand quelqu'un commande, tu peux discuter avec les clients, gérer tes commandes. Pour un usage mobile, c'est acceptable.
Mes 3 remarques sur l'app :
- Elle a tendance à décharger la batterie, un souci d'optimisation
- Les notifications peuvent être un peu capricieuses
- Le chat est moins fluide que la version web
Mais franchement, pour dépanner et répondre aux clients en déplacement, elle fait le travail. Mon astuce : je gère tout sur mobile pour le chat, mais je rédige mes livrables sur ordinateur.
Mes 4 stratégies pour te démarquer sur ComeUp
Après 3 ans sur la plateforme, voici ce qui marche vraiment :
1. Les visuels font 80% du travail. Un service avec une image pro et un titre clair convertit 3 à 4 fois mieux. J'ai testé. Avant : quelques clics. Après : des commandes régulières. 2. Le titre doit contenir un mot-clé spécifique. Ne mets pas « Je fais du logo ». Mets « Logo minimaliste pour startup en 24h ». Les gens cherchent, et l'algorithme de ComeUp récompense les titres précis. 3. Fais tes 5 premières ventes à perte. Littéralement. Propose un service à 5 euros pour avoir tes premiers avis rapides. Ça paraît con, mais les avis sont la monnaie d'échange de la plateforme. 5 avis positifs = crédibilité immédiate. 4. Réponds en moins d'une heure. Le temps de réponse est un critère de classement. Sois ultra réactif les premiers mois. C'est contraignant, mais ça paie.Alors, ComeUp : oui ou non ?
Mon verdict, après 3 ans et des centaines d'euros gagnés (et perdus) sur la plateforme : ComeUp est un excellent outil de démarrage, mais pas une solution de revenus à long terme.
Commence là-dessus si :
- Tu débutes et tu veux de premiers clients
- Tu veux tester un service à petite échelle
- Tu es basé en Afrique et tu veux percer à l'international francophone
N'y reste pas si :
- Tu as déjà un portfolio solide (va sur Malt)
- Tu vises des missions à plus de 1000 euros (autre chose qu'une marketplace)
- Tu veux une plateforme où tu contrôles vraiment ta marque (crée ton site)
Pour moi, ComeUp a été une étape. J'y ai appris à vendre, à livrer, à gérer la relation client. J'ai même décroché deux clients réguliers qui représentent aujourd'hui 30% de mon chiffre. Mais je ne regrette pas d'avoir diversifié ensuite.
Et toi, tu en es où avec ComeUp ? Tu débutes, tu galères, ou tu as trouvé ta recette miracle ? J'aimerais bien entendre ton expérience, parce que franchement, entre ce que racontent les sites d'avis et la réalité du terrain, il y a un monde.
La plateforme change, les règles évoluent, et ceux qui s'en sortent sont ceux qui savent s'adapter. C'est peut-être ça, la vraie leçon de cette aventure.